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LU POUR VOUS > Et si l’affaire Tiégboro paralysait la Cour d'assises 2010 ?

JMJ Newsrooms | 20.04.10 15:04 |
L’audience de la cour d’assises de Conakry du mardi 8 avril 2010, a été reportée pour le 12 Avril. Le refus de M. Doura Chérif de donner la parole à Me Siafa Béavogui, avocat de la défense qui, semble-t-il, voulait en savoir un peu plus sur l’absence du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara qui devait comparaitre comme tous les témoins citées, est à l’origine du report.

A l’allure ou vont les choses, le procès des présumés narcotrafiquants pourrait accuser un retard à cause du débat autour de la comparution ou non du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara, ministre à la Présidence chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme.

A l’audience du 1er avril dernier, M. Saturnin Bangoura, dit avoir donné 150 millions de francs guinéens au Lieutenant Colonel Tiégboro et deux autres militaires nommés Gimolo et Kaloga. Que c’était une avance sur 500 millions GNF proposés contre sa libération et celle de M. Mamadi Kallo. Les avocats de la défense ont vite sauté sur l’occasion pour demander à ce que le Président de la cour, M. Doura Chérif, ordonne la comparution du ministre.

Après des débats houleux entre le Procureur de la République, M. Sidi Souleymane N’Diaye et les avocats de la parie civile, d’une part, et ceux de la défense de l’autre, M. Doura Chérif avait fini par ordonner la comparution du ministre Tiégboro. Celle-ci devait intervenir le 6 avril, les audiences ont repris à la Cour d’Appel de Conakry sans la comparution du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro et d’autres témoins cités dans l’affaire de l’atterrissage d’un avion transportant de la cocaïne à l’aérodrome de Boké.

Il s’agit, entre autres, de M. Siafa Béavogui, Gouverneur de Boké au moment de l’atterrissage de l’avion transportant de la drogue, Mamadou Gros Kéita, ancien préfet de Boké, Dianké Kéita, Mamadi Kaba, directeur de l’ANA, Ibrahima Barry, maire de Boké et un certain Mamadi Touré.

Interpellé par rapport à la non comparution de Tiégboro, le Procureur Sidy Souleymane N’Diaye a soutenu que c’était une question procédurale. Qu’il aurait adressé une correspondance au Premier Ministre, lui demandant la comparution du ministre Tiégboro pour des fins de renseignements. Il a tenu promesse ferme que le jeudi 8 avril, M. Tiégboro se mettra à la disposition de la cour. Seulement voilà.

Le 8 avril, en procédant à l’appel des témoins, le Président de la Cour n’a pas demandé d’explications au Procureur concernant l’absence du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara et autres. Poursuivant son propos, Doura Chérif a également procédé à la vérification de la présence des &l&ments du dossier Ousmane conté et quatre autres.

C’est là qu’est intervenu Me Salif Béavogui pour demander la parole au nom de la défense. Ce qui ne lui a pas été accordé. Aussitôt, les avocats de la défense ont ôté leurs robes pour se retirer de la salle. Ainsi, l’audience a été suspendue jusqu’au lundi 12 Avril. Bien avant de lever la séance, M. Doura Chérif a essayé de clarifier que la cour d’assises de Conakry prendra des dispositions et assumera ses responsabilités. Que cette justice sera égale pour tous, pour le chef et pour le gouverné, le riche et le pauvre. Qu’il demandera au ministère public de prendre des dispositions contre les personnes qui refuseront de se présenter volontairement, pour les faire venir.

Le hic est qu’on ne sait pas réellement quelle est la suite que le Premier Ministre, Jean-Marie Doré va accorder à la demande de comparution du ministre Tiégboro. Encore que ce dernier n’est pas membre du gouvernement. Il est ministre auprès de la Présidence. En attendant que le Colonel des Ministres se prononce sur ce sujet, la cour d’assises de Conakry amorce un visage important. Les Guinéens attendent de voir si la justice, en cette période de transition, est indépendante. C’est là que se trouve tout l’enjeu de la comparution ou non du ministre Tiégboro, en tant que témoin.

S’il comparait, on comprendra qu’il n’y a pas de justice deux poids, deux mesures. S’il ne comparait pas, c’est la crédibilité de la cour d’assises 2010 qui sera remise en cause. La balle est donc le camp de M. Doura Chérif, Président de la Cour d’asssises 2010. En tous les cas, l’affaire Tiégboro ne devrait pas paralyser ces assises.

Azoca Bah in Le Diplomate

N°373 du 13 avril 2010

Cour d’appel de Conakry



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